Category: Livres,Romans et littérature,Littérature anglaise
Limousines blanches et blondes platines Details
" Etre chauffeur de limousine à L.A. est une drôle de façon de gagner sa vie. Un peu comme bouffer de la merde au cul d'un chien, pour faire plaisir à Dieu le Père. La clientèle de Dav-Ko L.A. était principalement constituée d'oiseaux de nuit et autres zombies : riches producteurs suramphétaminés ou jeunes stars du rock aussi cons que gâtés, rappeurs style gangsta avec le flingue enfoncé dans le calbute, anciens acteurs alcooliques privés de permis, et une tripotée de frimeurs pétés de thune. Des êtres humains incarnant les pires travers de L.A. : un ego surdimensionné et beaucoup trop de blé. "

Reviews
Dans un « Bonus » placé après son roman (une sorte de double postface), l??auteur Dan Fante évoque en quelques pages, d??une part sa relation débordante d??affection avec sa mère (« Maman, je t??aime » p.277) et d??autre part, la complexité de sa relation avec son père (« Nous ne nous étions jamais vraiment entendus ni aimés (?) mais au fond de moi, je savais que je l??aimais profondément, déraisonnablement » (p.281). Il écrit aussi que son éditeur lui a demandé de parler de sa relation avec Bruno Dante, en l??occurrence le narrateur de ce roman (!) et on découvre qu??une fine, très fine frontière sépare la vie de Bruno Dante et celle de Dan Fante : Bruno Dante est ??son alter ego, sa voix sur le papier??. Et si d??aventure, vous faites une petite recherche sur Les Fante (père et fils), vous comprendrez que la fiction rejoint parfois complètement la réalité.Bruno Dante, le narrateur, est écrivain, rêve de vivre de sa plume, mais ne parvenant pas à faire publier son roman « La fin des haricots » (sic), il finit à contrecoeur par accepter de travailler pour un certain David Koffman, qui a mis sur pied à L.A. une entreprise de taxis « Dav-Ko ». Ce Koffman est « un type aux manières de Buffalo Bill », qui convient parfaitement « à une ville obsédée par l??apparence et rongée par une sincérité de pacotille » (P.22). « Dav-Ko » est localisé à Hollywood (L.A.) dans un quartier, qui est le centre névralgique de la prostitution masculine.Commence alors pour Bruno une descente aux enfers vertigineuse, en compagnie de drogués, alcooliques profonds, obsédés du sexe (sous toutes ses formes) : il devient un chauffeur de limousine (et un associé de Koffman) qui trimballe nuit et jour dans tout L.A. (et la Californie) des « célébrités » (du monde du cinéma), plus crétines et auto-satisfaites les unes que les autres, complètement dépendantes du sexe et de toutes sortes de médicaments et de drogues, mais surtout d??une poudre très blanche et traitant leur chauffeur Bruno « comme de la sous-m? » (p. 203). Bruno en perd tout type de respect pour lui-même et pour tous ceux qu??il croise, seule sa conscience à qui il a donné un nom (« Jimmy ») continue de temps en temps à lui rappeler qu??il n??est qu??un complet raté, une raclure, un déchet.Et pourtant, alors que le lecteur se met à désespérer (« Quelle issue au bout de cette histoire, si ce n??est la mort ? »), une forme particulière de rédemption se manifeste et on peut croire que Dante/Fante peut être sauvé ; il reçoit un courrier qu??il n??attendait plus et, si rien ne semble avoir changé, voilà pourtant que « la voix dans sa tête, Jimmy, elle ne parlait plus?? (p. 269).J??ai refermé ce livre, complètement hébété, ahuri, soufflé.Quel roman !? Quel style, et finalement quel éloge de la littérature. Alors mon regard s??est posé sur une citation du New York Times, sur le quatrième de couverture : « Dan Fante est un véritable hors-la-loi de la littérature ».


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